Objectif: réclamer une enquête publique et épauler les personnes arrêtées
Plusieurs organisations lancent aujourd'hui une nouvelle coalition arc-en-ciel qui non seulement réclame une enquête publique sur le récent sommet du G20, mais compte soutenir concrètement les personnes aux prises avec des frais judiciaires et même des séquelles psychologiques après un séjour dans les cellules torontoises.
Plusieurs membres de cette coalition Solidarité avec les arrêtés du G20 sont issus des mouvements jeunesse et souverainistes: le Conseil national des jeunes du Parti québécois, le Forum jeunesse du Bloc québécois (FJBQ), les Jeunes Patriotes du Québec (JPQ), la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), le Mouvement pacifique pour l'indépendance du Québec (MPIQ). Joignent également leur voix: Québec solidaire (QS), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et des associations étudiantes.
L'expérience des «arrêtés du G20» n'a rien de drôle. Première voie explorée pour y répondre: l'humour. Des humoristes de la relève se produiront ce mercredi soir au Petit Campus et 50 % des profits seront remis à la cause des manifestants arrêtés. «Au départ, explique l'instigateur de la coalition François Tousignant, je voulais faire un spectacle pour aider les arrêtés à payer leurs frais juridiques. Nous sommes allés chercher l'appui de différents mouvements qui ont accepté de s'unir derrière la cause... et la coalition s'est formée d'elle-même», raconte-t-il, un peu surpris lui-même de l'ampleur de la mobilisation suscitée par son initiative.
Tout commence lorsque son ami et collègue Thomas Deshaies est arrêté dans la Ville-reine, alors qu'il dormait dans un dortoir à l'Université de Toronto. «Quand il est sorti, je me sentais redevable à tous ceux qui ont payé une caution», dit François Tousignant, qui pense alors monter un spectacle d'appui. Mais les événements ont déboulé, et une véritable coalition est née derrière lui. «On réclame une enquête publique au nom du groupe, car on entend beaucoup de choses et on veut savoir ce qui s'est vraiment passé.» Selon lui, «beaucoup de manifestants ont peur de parler à cause des accusations».
Mobilisation estivale
«On se seraient crus en octobre 70!», s'inquiète Mario Beaulieu, de la Société Saint-Jean-Baptiste. «Il y a plusieurs témoignages, c'est clair que les Québécois ont été ciblés, intimidés, victimes de commentaires xénophobes», poursuit-il. Aussi, devant les «violations évidentes des libertés civiles» à Toronto, il estime nécessaire la tenue d'une enquête publique. «Est-ce qu'il y a eu un mot d'ordre? Quel va être le respect au droit de manifester à l'avenir?», demande-t-il.
Du côté du Comité national de l'aile jeunesse du Parti québécois, «les nouvelles que nous avons eues du G20 nous inquiètent, tant du côté du profilage des Québécois que des droits humains bafoués», explique Gabrielle Lemieux. «Ça prend des coalitions, il faut qu'il y ait le plus de gens possibles au Québec et ailleurs pour dénoncer et agir. Il ne faut pas que les gens oublient malgré les vacances.» Plusieurs étudiants et jeunes adultes figurant au nombre des arrêtés, elle estime également important de leur apporter un soutien financer, voire psychologique. «Les procédures judiciaires, c'est coûteux en temps et en argent», dit-elle.