Le blogue du CNJPQ

Un coup de jeunesse pour la social-démocratie au PQ

Article publié dans le Devoir du 24 mars 2010

Collectif de militants de l'aile jeunesse du Parti québécois 

Ont signé ce texte: Alexandre Banville, Andrée-Anne Bouvette-Turcot, Pierre-Luc Brisson, Simon-Robert Chartrand, Isabelle Fontaine, Émile Grenier-Robillard, Nicolas Hamel-Côté, Martine Leblanc-Constant, Gabrielle Lemieux, Alexandre Mailloux, Frédéric Roiné, Vincent Roy, Frédéric St-Jean et Alexandre Thériault-Marois.

La décision de la conférence nationale des présidents du Parti québécois de ne pas reconduire le mandat du club politique SPQ Libre au dernier colloque du PQ, à Lévis, a fait couler beaucoup d'encre en quelques jours. De nombreux commentateurs de la vie politique y ont vu une concrétisation du «virage à droite» prétendument effectué par le parti. Si l'on peut déplorer l'ampleur qu'a prise cette situation, elle n'en pose pas moins des questions importantes quant à la place des valeurs de la nouvelle social-démocratie au sein du Parti québécois.

Le PQ est une coalition de militants de différentes tendances dont l'objectif premier est la réalisation de l'indépendance nationale du Québec. Historiquement, cependant, ce parti a été le véhicule des grandes avancées sociales des quarante dernières années: loi antiscab, loi sur l'assurance automobile, loi sur les normes du travail, zonage agricole, mise en place du réseau des centres de la petite enfance, congés parentaux, etc. Autant de mesures avant-gardistes qui ont placé le Parti québécois à la gauche de l'échiquier politique, et ce, dès sa fondation. 

Alexandre Thériault-Marois, président du CNJPQ, en ouverture du colloque

« Quel avenir pour les jeunes du Québec ? L’équité intergénérationnelle! »

Quelques photos du colloque à Lévis

Voici quelques photos du colloque de la fin de semaine dernière à Lévis, où les jeunes du Parti Québécois ont été présents, pas à peu près! D'autres photos son disponibles sur le groupe facebook du CNJPQ.

Les jeunes du Parti Québécois se positionnent sur les grands enjeux qui touchent notre génération

Le CNJPQ est fier de vous présenter son bilan des sorties médiatiques de novembre 2009 à mars 2010. En quelques mois à peine, les jeunes du Parti Québécois se sont prononcés sur les enjeux qui touchent notre génération : la souveraineté, la langue, l'éducation, la relève agricole, la culture entrepreneuriale, la corruption libérale, le transport en commun, etc. En tout, ce sont plus de 75 parutions qui ont fait connaître nos positions à travers tout le Québec. Ainsi, nous avons joint des milliers de jeunes partout au Québec sur les enjeux qui les concernent, des jeunes qui savent désormais quel parti défendra le mieux leurs intérêts et ceux du Québec.

Le CNJPQ au rassemblement contre le détournement des 35 millions de dollars du PCBE

Hier, au centre-ville de Montréal, environ 1500 étudiants ont marché pour dénoncer le détournement de 35 millions de dollars du PCBE par le gouvernement Charest. Les étudiants ont réclamé que cet argent leur soit versé en aide financière aux études comme il leur est dû. Voici quelques photos de l'évènement, que le CNJPQ et le député Yves-François Blanchet n'ont pas manqué!

La jeunesse sacrifiée à l'autel des choix difficiles

Lettre ouverte aux signataires du Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités

L’heure est aux choix difficiles. Il faudra se serrer la ceinture. Chacun devra faire sa part. Les artisans de la bonne marche de l’opinion publique ont fait en sorte que les Québécois répètent ces phrases comme un mantra. Puis, rien de mieux que de mettre certaines personnalités sur les rangs afin de nous convaincre du bien fondé de ces mesures. Le choc sera ainsi plus facile à encaisser quand le coup viendra. Et nous serons certainement moins nombreux à battre le pavé. Vraiment ?

Le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités, déposé la semaine dernière, insiste sur un réseau universitaire mieux financé au cœur du développement québécois. Le Pacte a suscité une importante et légitime levée de boucliers. Ces réactions condamnent le déplafonnement des droits de scolarité proposé par le Pacte en insistant, pour la plupart, sur l’importance de garder les droits de scolarité au niveau actuel. En d’autres mots, les signataires du Pacte tout comme ses belligérants nous posent la même question : doit-on geler ou dégeler les droits de scolarité? 

Une génération qui fait déjà sa part

La jeunesse fait déjà sa part. Entre 1998 et 2002, le taux d’activité des jeunes travailleurs a augmenté de 8 %, rejoignant le taux d’activité de la population active totale au Québec. Le nombre d’heures travaillées à temps partiel pendant les études ne cesse d’augmenter, frôlant les 20 heures par semaine en moyenne lors de la session scolaire, du jamais vu au Québec, surtout chez les générations précédentes. Le pire, c’est que le chômage vient frapper les jeunes en premier, la crise économique frappant 21 % des jeunes l’été dernier. Et les frais de scolarité, en plus des autres frais universitaires, sont déjà en augmentation. Cela sans compter une crise du logement dans pratiquement toutes les régions du Québec.

Travailler, mais pour payer quoi? Après tout, nos frais de scolarité sont les plus bas en Amérique du Nord! Le problème est que le calcul des frais de scolarité dans le total du budget étudiant est somme toute mineur. Dans une étude américaine réalisée en 2006 par le Educational Policy Institute, des chercheurs ont évalué le coût relatif des études en comparant les 50 États américains et les 10 provinces canadiennes. Résultat? Le Québec arrive 30e, derrière le Texas, la Floride et la Caroline du Nord. Cela est plutôt un résultat décevant lorsque l’on s’est donné pour objectif, lors de la révolution tranquille, d’envoyer les fils et les filles de fermiers et d’ouvriers à l’université. Est-ce que ce qui était bon pour les autres générations ne l’est plus pour la nôtre? Encore aujourd’hui, les jeunes issus de familles ayant un revenu élevé sont 2,5 fois plus nombreux à accéder à l’université.

Du gel des frais de scolarité à l’endettement zéro 

Malheureusement, chez les signataires du Pacte, on semble voir les étudiants et la génération montante comme de nouveaux contribuables au coût politique le plus bas. Sous prétexte que le Québec a les frais de scolarité les plus légers en Amérique du Nord, on met de côté l’exemple européen et on oublie volontiers le coût réel des études au Québec. On oublie que des frais de scolarité plutôt bas vont de concert avec des impôts sur le revenu plus élevés lorsque l’étudiant est devenu professionnel, ainsi qu’une charge sociale renforcée. Voilà le vrai pacte universitaire québécois.    

Conséquemment, arguer que les frais de scolarité ne sont pas le seul gage d’accessibilité nous conduit vers d'autres combats, souvent oubliés chez les défenseurs du gel des frais de scolarité. En effet, encourager les jeunes Québécois à se rendre aux études postsecondaires, et même simplement à terminer le cycle secondaire, passe par plusieurs autres facteurs. Si le gel des frais de scolarité est pour nous la seule avenue possible, la lutte au décrochage scolaire dans les milieux défavorisés, l’accessibilité et la flexibilité du transport en commun ainsi que la résorption de la crise du logement dans plusieurs régions du Québec sont également des enjeux clés de l’accessibilité aux études. Ils doivent être à la base d’une Éducation nationale. 

Nous croyons que la question du gel ou du dégel ne doit donc plus être le seul enjeu de l’accessibilité aux études. Du moins, il doit être substitué à un enjeu englobant, celui de l’endettement zéro. L’enjeu de l’accès aux études doit inclure toutes les dépenses qu’un étudiant doit assumer, la capacité financière des parents québécois à aider leurs enfants, le salaire étudiant et l’aide disponible de l’État. Ce tout nous donne ce qu’on pourrait appeler le coût réel des études. Avec un endettement qui peut dépasser les 20 000$ chez un bachelier bénéficiant de l’aide financière aux études, on crée véritablement deux classes d’étudiants, les diplômés endettés devant payer plus cher leur droit à l’éducation. À l’échelle d’une société, l’endettement ou son anticipation provoque la sous représentation des classes moyennes et pauvres à l’université et favorise le surendettement des jeunes ménages, limitant la richesse créée par l’éducation de cette classe moyenne émergente.

Se donner les moyens de prendre la relève

Ceux qui supporteront le Québec de demain, une tâche énorme, ont besoins de tous les outils afin de se développer adéquatement. Notre nation en dépend. On ne peut se payer le luxe de laisser notre génération décrocher, s’endetter et ne pas poursuivre ses études jusqu’au bout. Faute de quoi, dans 10, 15 ou 20 ans, ce sont les pensions et les soins de santé des signataires du « pacte » et de leur génération que nous devrons couper pour payer l'erreur d'avoir dirigé les Québécois vers une sous scolarisation coûteuse. Évitons une guerre de générations : les contribuables ont aujourd’hui la responsabilité d’équilibrer les finances publiques, renflouer la caisse de la Régie des rentes du Québec et nous donner les moyens de nous former. Nous nous occuperons de la suite.
 
Alexandre Thériault-Marois
Président, comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ)