Le blogue du CNJPQ

Lettre ouverte du président du CNJPQ dans Le Soleil: « Combattre le cynisme chez les jeunes »

Le Soleil, 4 février 2010

Nul besoin de rappeler le taux famélique de participation des jeunes aux élections. Ils sont le groupe d'âge qui boude le plus les urnes à chaque élection, tendance qui se confirme maintenant depuis 1960. Il en est maintenant pratiquement une vieille habitude, où environ quatre jeunes sur dix de18 à 24 ans se rendent aux urnes.

Suite à un triste record aux dernières élections provinciales - un taux de participation général de 57,43% -, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a livré, en novembre dernier, un rapport sur la question. Analysant le comportement électoral des Québécois sous plusieurs angles, il en déduit sans surprise que «l'âge a un effet direct sur la participation électorale». Ce qui devient inquiétant, c'est que l'autre donnée majeure dans l'analyse du faible taux de participation est composée «des motifs liés au contexte politique de la campagne électorale et aux caractéristiques des institutions démocratiques». Bref, le cynisme. À partir de là, il est aisé de dire que jeunesse et cynisme ne font pas bon ménage dans le contexte démocratique. Toujours selon le DGEQ, le problème est aujourd'hui davantage qu'un simple détail technique et dépasse sa simple portée institutionnelle : tous doivent mettre l'épaule à la roue afin de trouver des solutions. Particulièrement, les ailes jeunesse des partis politiques et les groupes jeunes doivent se concerter, dans un esprit non partisan, afin de combattre le cynisme et favoriser le vote jeune. Les mesures démocratiques peuvent rarement tolérer une marge excessive de partisanerie.

Une commission d'enquête publique pour le vote jeune?
Seulement, bien que la concertation soit l'idéal, certains gestes du gouvernement actuel ne peuvent être autrement que dénoncés. La corruption est sans aucun doute le cancer le plus virulent de la vie démocratique et il frappe actuellement le parti libéral avec ardeur. Quelle que soit sa réelle portée, les dommages sont déjà présents. Les Québécois veulent, dans une proportion de 80%, une enquête publique sur les allégations de corruption dans le domaine de la construction. Ils se sentent donc trahis et veulent découvrir la vérité. Les jeunes sont aux premières loges de cette demande, alors que ce sont certains d'entres eux, hors des réseaux politiques traditionnels, qui organisaient une marche pour une commission d'enquête publique samedi dernier à Montréal.

Les jeunes, qui s'ouvrent actuellement à la vie publique, décideront maintenant à qui ils font confiance. Ils choisiront par conséquent quelle marge de confiance ils accorderont à l'État et ses institutions et s'ils voudront s'y impliquer aux prochaines élections. Dans ce contexte urgent et dangereux, nous ne pouvons laisser aux jeunes cette impression de pourriture autour de nos institutions. Faire le ménage dans notre cour afin de les accueillir commence par une commission d'enquête publique sur les allégations de corruption dans le domaine de la construction.

Alexandre Thériault-Marois, président, Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ)

Montréal

 

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