Le blogue du CNJPQ
Rencontre économique 2010 de Jean Charest : qui dit mieux?

Par Vincent Roy
Le 21 janvier dernier, à Lévis, se terminait la Rencontre économique 2010 du gouvernement du Québec. Une rencontre qui, au final, est accusée d’être elle-même en déficit… de crédibilité et de représentativité. En fait, pour mieux comprendre ces déficits, relativisons cette rencontre du gouvernement libéral – dite non partisane – avec ce qui devrait être nettement moins pertinent pour l’avenir du Québec : un évènement partisan comme le sera le colloque du Parti Québécois de la mi-mars ayant pour thème « Gouvernement souverainiste et création de la richesse ».
D’abord, sur la question de la crédibilité qu’on pourrait définir comme l’utilité de l’évènement dans ce cas-ci. Le gouvernement du Québec sent de plus en plus la soupe chaude avec l’approche du prochain budget, ses « nouveaux » projets de hausses de tarifs impopulaires, les négociations collectives de la fonction publique, les difficultés économiques qui se font encore sentir et les allégations de corruption toujours présentes. Pour des raisons politiques et partisanes, les libéraux se disent qu’ils doivent détourner l’attention.
Seulement, la pilule est un peu grosse à avaler pour la population. D’abord, le sujet de la rencontre est « l’avenir économique du Québec des 20 prochaines années », alors que ce gouvernement a l’obligation, comme il a été dit, de livrer bientôt un budget et des négociations syndicales. Voilà une belle occasion de concerter la population civile sur ces enjeux! Ensuite, selon les participants au forum, « les objectifs étaient énoncés en termes si généraux que personne ne pouvait vraiment s'y opposer ». Finalement, l’activité finissait le 21 vers 15h, mais commençait la veille en soirée : comment ce laps de temps permettrait-il de faire d’importantes discussions sur les 88 sujets devant être traités?
En comparaison, le colloque du Parti Québécois est d’abord étalé sur une fin de semaine – on pourrait aussi y inclure les discussions préliminaires du vendredi soir et les consultations des instances du Parti chez leurs membres – et se subdivise en plusieurs ateliers sur des thématiques déterminées. De plus, le colloque aura cette utilité de s’inscrire dans une démarche connue et sans agenda caché. On pourrait presque le schématiser de façon simpliste, où les discussions du colloque serviront à la rédaction de la proposition principale, qui sera ensuite votée dans les différentes régions et les instances jeunes, pour finalement être débattue au Congrès. Puis, une fois au gouvernement, le Parti Québécois ne se gêne pas afin de consulter le maximum d’intervenants possible.
Du côté de la représentativité justement, comparons seulement la poignée d’entrepreneurs, Power Corporation inc., les institutions financières et les 2 principales centrales syndicales (ce n’est pas rien, mais nous relativisons) aux quelques centaines de délégués du Parti Québécois qui seront présents à son colloque. À défaut d’avoir une partie de l’élite d’aujourd’hui, le PQ aura des délégués de toutes les générations (même les jeunes libéraux ont dénoncé le manque d’équité intergénérationnelle à la rencontre) et régions, des travailleurs, syndicalistes, entrepreneurs, gens du milieu sociocommunautaire, étudiants, artistes, etc. Pourtant, un parti de l’opposition est loin de pouvoir avoir le carnet d’invitation du parti au pouvoir…



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