Texte d'opinion publié dans Le Devoir du 30 juillet 2010, écrit par Alexandre Thériault-Marois, Président du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ)
Dans les pages du Devoir, le 26 juillet dernier, l'anthropologue Claude Bariteau s'en prenait à la proposition du Parti québécois dévoilée le 19 juin dernier en vue du XVIe Congrès national du Parti québécois.
Si l'analyse de l'intellectuel est intéressante et découle sans doute d'une volonté sincère de faire avancer l'option, elle ne colle pas à la réalité ni à l'essence de ladite proposition du parti souverainiste.
M. Bariteau expose de façon séduisante la dichotomie entre deux approches nationalistes, et ce, depuis la Conquête. D'abord, l'approche affirmative est celle du Parti patriote de 1834-1838 et du RIN, ainsi que la tangente du Parti québécois sous Jacques Parizeau en 1995. Dans cette dynamique de confrontation, il faut rallier, peu importe l'appartenance identitaire.
Ensuite, l'approche autonomiste, qui est celle de l'Acte de Québec (1774) et de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (1867). On pourrait également ajouter à cette analyse de l'anthropologue la tentative du lac Meech, ou du moins sa première mouture, résolument autonomiste. Cette dynamique, que l'on qualifie de réformiste, s'appuie, il est vrai, sur l'identité canadienne-française, puis québécoise, et est menée par des élites locales.
Nourrir la flamme
Pour M. Bariteau, la stratégie du PQ est autonomiste. Il s'appuie, pour avancer ce propos, sur le fait que ce parti propose un assortiment de réformes nationales et lance une offensive identitaire et linguistique sans proposer de mécanisme d'accession à l'indépendance. Parizeau, lui, aurait plutôt tenté de rallier les communautés culturelles et de préparer un plan par étapes pour se rendre à l'indépendance.
Seulement, malgré la rigueur de son raisonnement, Bariteau qualifie mal l'approche préconisée par le Parti québécois. Celle-ci, à sa face même, ne vise en rien le renouvellement du fédéralisme.
La stratégie du «Plan Marois», ou la gouvernance souverainiste, vise plus à nourrir la flamme qu'à mettre le couvercle sur la marmite. Je doute fort de l'éveil des Patriotes sans les 92 résolutions et l'obstination d'alors du gouverneur d'invalider les lois du peuple et de dissoudre la Chambre à sa guise. Je doute fort également de la mobilisation des Québécois au début des années 1990, menant au deuxième référendum, sans le blocage de l'accord du lac Meech.